Trois semaines de « continuité pédagogique » : point d’étape

by Suzanne
2nd avril 2020
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Voilà maintenant trois semaines que nous faisons cours à distance. En ce qui me concerne, je trouve que ça passe à une vitesse folle ! La première semaine, j’ai eu beaucoup de mal à m’y mettre. J’ai du repréparer en urgence tous les cours à venir pour les adapter à ce nouveau format si inhabituel. En parallèle, les circonstances rendaient le tout très anxiogène, et j’avoue que j’avais du mal à me concentrer sur mon travail. Et puis, petit à petit, j’ai trouvé mes marques. Voici les quelques observations que j’ai pu faire depuis le début de notre confinement…

Matériel, connectivité… Les élèves ne sont pas tous égaux

Dans l’ensemble, mes élèves semblent bien équipés. Mais ce n’est pas le cas de tous. Certaines familles ne possèdent pas du tout d’ordinateur, ou bien les enfants doivent se le partager ; d’autres encore ont déménagé récemment et n’ont pas internet à la maison. Autant de situations qui demandent une vraie gymnastique de notre part pour adapter les contenus aux différents problèmes rencontrés.

Un autre problème plus ou moins lié : beaucoup de nos élèves sont incapables de faire ne serait-ce qu’un peu de bureautique. Copier coller un texte, annoter un document, envoyer un email sont autant de taches que je pensais maîtrisées par tous, et c’est malheureusement loin d’être le cas. C’est un vrai handicap pour ces élèves, notamment lorsque les parents travaillent et ne sont pas disponibles pour aider.

L’oral en enseignement à distance

Comme j’enseigne une langue vivante, voilà un autre challenge de l’enseignement à distance. Comment arriver à travailler l’oral ? Si les élèves peuvent faire de la grammaire et s’entraîner à l’écrit sans mon aide, il est difficile de les faire parler. J’essaie de leur proposer des solutions simples pour s’enregistrer et m’envoyer leurs productions, en utilisant par exemple les messages vocaux sur Instagram ou Snapchat, mais j’ai peu de retours. Je n’ai pas encore trouvé de solution à ce problème, s’il en existe !

Les cours en visio

J’ai vu passer quelques tweets et messages de collègues qui se plaignaient d’élèves qui profitaient de la situation pour troller le chat des classes virtuelles, s’inscrire avec des pseudos injurieux, et autres bêtises… Pour ma part, je n’ai absolument pas été confrontée à ce genre de comportements. Dans l’ensemble, mes élèves sont très contents (enfin, dans la mesure du raisonnable pour des élèves de collège 😉 ) d’avoir cours en ligne, ils participent et s’entraident pour les problèmes de connexion… Bref, je suis ravie, et c’est vraiment chouette de pouvoir leur parler de vive voix, prendre cinq minutes avec eux pour discuter de leur journée, rire de leurs avatars parfois pour le moins… Originaux !

Pour le moment, je fais une heure de cours en visio par semaine pour chacune de mes classes. Cela reste optionnel afin de ne pas pénaliser les élèves qui ne pourraient accéder au cours.

Plus loin, mais plus proches

Dès que l’on a su que nous allions devoir assurer cette continuité pédagogique, j’ai décidé de donner la possibilité à mes élèves de me joindre via les réseaux sociaux. Ma réflexion était la suivante : nos élèves sont bien plus à l’aise sur leurs téléphones qu’avec un ordinateur. Ils ont quasiment tous au moins un compte sur un des principaux réseaux sociaux qui leur sont dédiés. Si ils ont besoin de me contacter, ils seront plus à même de le faire en passant par ces réseaux. Et au final, ça paye. Beaucoup d’élèves me contactent par ce biais lorsqu’ils ont des questions, et j’ai même eu l’honneur d’être ajoutée à des groupes de classe sur Instagram, Snapchat et Discord. Au final, on partage plus de choses (on s’envoie des photos, on se raconte nos journées ou notre manque de motivation) et ils viennent plus facilement à moi lorsqu’ils ont besoin d’être rassurés ou encouragés. Et c’est absolument bénéfique à leur apprentissage en cette période si particulière.

Pour les collègues, par contre…

Si il y a bien un truc que les profs aiment, c’est de cliquer sur « répondre à tous ». Et les collègues de mon établissement ne font visiblement pas exception. Les premiers jours, je recevais des dizaines de mails qui ne m’étaient même pas destinés. Heureusement, ça s’est calmé, au point où nous n’avons quasiment plus d’interactions, sauf pour les collègues avec qui on partage des classes. Au final, on est assez isolés car nous n’avons aucun moyen de communication qui se prêterait à des discussions ou échanges un peu spontanés sur nos pratiques pédagogiques sans surcharger ceux qui ne souhaitent pas en être. Et c’est bien dommage, à mon sens.

Voici donc mes premières observations après ces trois semaines de continuité pédagogique… Et vous ? Qu’est-ce qui vous a bloqué, ennuyé ou agréablement surpris ?

Photo by Andrew Neel on Unsplash

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